Pause de communication

La guerre d'Ukraine et ses dérives terroristes ont fait apparaître au grand jour ce que Henri Hude* appelle "le Léviathan médiatique". Même les pleurs des Gazaouïs massacrés pour une juste cause peinent à sourdre. Le bombardement des foyers par les batteries d'information, s'il n'est pas létal au sens de l'Académie de Médecine, atteint aujourd'hui une intensité telle qu'il met en péril les capacités de raisonnement de ceux qui y sont soumis. La conjonction pas du tout fortuite des atrocités russes en Ukraine, de l'assassinat pré-électoral d'Alexeï Navalny et du carnage islamiste au Crocus City Hall de Kranomachin a mis dans tous leurs états les rédactions à feu continu qui combattent comme au Donbass les unes contre les autres pour... l'audience. L'audience rémunératrice en minutes de publicité audiovisuelle. L'audience qui augmentera les salaires. On bourre les plateaux d'experts, pour certains autoproclamés, on débauche de chaîne à chaîne ceux qui font le meilleur Audimat, on double le vacarme ambiant des breaking news par des émissions spéciales... avec toujours les mêmes. Peu de sachants (les doigts des deux mains), plein de commentateurs souvent "non-spécialistes-mais". Les chèvres habituelles qui ont fait la campagne du Covid chinois après les Gilets Jaunes se sont recyclées dans les drones d'attaque ou les bombes planantes en même temps qu'elles parlent de la psychologie de Poutine le Péteux.

* cf. la critique de son approche de la Communication sur Cairn. info

La presse écrite n'échappe pas à cette ruée, qui ne survit que subventionnée par l'Etat masochiste, parce qu'il faut que les tirages montent. C'est le moment, c'est l'instant, après, ce sera trop tard, la mousse sera retombée et il faudra attendre un tsunami géant ou l'impact du météorite du siècle pour se refaire. Les gens voient les titres au kiosque et s'en contentent. Du malheur, que du malheur ! Une bombe nucléaire serait top mais qui lirait quoi derrière, à part les survivantistes enterrés sous vingt pieds de terre tassée. Stop !

Connaissez-vous les propositions des partis en lice pour les élections européennes ? C'est dans deux mois à peine plus. Bien sûr que non, votre temps de cerveau disponible est accaparé par la Russie, Gaza et par Coca Cola. Il faut savoir naviguer sur l'océan internétique pour les trouver, si encore quelqu'un nous a donné le goût de nous y intéresser. Bizarrement ne percent le silence que les parti déclarés hostiles aux institutions européennes, ce qui évite bien sûr de dérouler un programme pertinent, cette abjection primant tout autre analyse des besoins de notre continent. Et si on tend l'oreille, on est soufflé par l'amas de conneries débitées de manière docte par les dits-partis hostiles comme le Frexit, la désotanisation, la collaboration franco-russe et la retraite pour tous à soixante balais. Pourquoi pas depuis que l'Etat vous paie le ressemelage de vos chaussures ! Pourtant il y a quelque chose de nouveau ou presque au fond du lac. Un sorte de serpent de mer aurait émergé qui glace d'effroi les paisibles connards qui se prennent pour des gestionnaires avisés : les trois déficits mortels et la dette létale. Par pour la nation qui survivra à tout, mais létale pour l'Etat constitué sur le mensonge du clentélisme électoral, récompensant le vainqueur du jour en dépouillant le vainqueur d'hier. La démocratie en action pour à la fin voir le plus beau pays du monde à la ramasse ! On n'a pas fini d'en parler parce que les agences de notation ont prévu de s'y mettre dès le mois prochain.

Cet état de calamités financières décrété par le Ministre des finances itself confine au théâtre de boulevard où sont montrés du doigt par eux-mêmes les gestionnaires actuellement en place qui s'avouent impuissants comme hier. Il faudrait un Labiche pour écrire la pièce tant l'intrigue est tordue !

Est-ce utile alors de pousser des propositions de changement de régime par les temps qui courent ? Pendant la guerre qui s'invite, il ne sera pas pertinent de philosopher gratuitement au milieu des périls. Seules passeront la rampe les nouvelles du front. Y a-t-il maintenant une audience, un lectorat capable d'extraire du bruit de fond alarmiste une pensée proactive dessinant quelque chose comme une résurrection ? A mon avis non ; c'est peine perdue. Les gens sont gagnés par la surdité de la peur. Alors commençons par réduire le vacarme médiatique en poussant à la victoire de l'Ukraine contre la mafia poutiniâtre, prélude à sa liquidation sous les potences d'un jugement sans appel. Et quand le monde sera revenu à la raison, il sera temps d'expliquer posément combien la séquence tragique que nous avons traversée était inscrite dans les gènes d'un régime inadapté, artificiel, mal plaqué sur des réalités immuables qui finiront par le vomir. Faudra-t-il encore expliquer aux gens par quoi se remplacerait-il si tant est que le peuple et Dieu le veuillent !

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