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Limites du bénévolat dans la propagande


Anthony Burgess
La plupart de sites d'information créés par des monarchistes (ou royalistes c'est selon) fonctionnent sous le régime du bénévolat. Leur projet réside tout entier dans la propagande du roi, l'ensemencement de l'Opinion à l'idée du roi : parler du roi encore et toujours pour que la graine germe. C'est un projet exigeant si l'on décide d'en mesurer le progrès, à défaut de quoi c'est une "occupation", un passe-temps. Le blogue Royal-Artillerie que vous lisez parfois a vu son audience mesurée en continu jusqu'à ce qu'elle se mette à stagner, malgré l'abondance (ou à cause) des billets publiés. Nous décidâmes alors de stopper la production, puis de guerre lasse - il y avait tant à dire dans le cadre de cette psychothérapie - de la reprendre sur une base hebdomadaire. L'audience stagne aujourd'hui mais ne décroît pas. Nous sommes arrivés à un plateau. La formule actuelle ne produira jamais plus, sauf à tourner en journal à scandales. Cette situation tient à l'esprit même du blogue, à l'exploitation des ressources choisies, à l'unicité de son rédacteur, à son relatif isolement. En revanche la rédaction étant individuelle et portative, elle peut manœuvrer.

Mais quid des sites participatifs ? Les chiffres d'audience sont des secrets d'Etat, mais les mesure-t-on ? Travailler à la propagation du royalisme n'en cherche que le succès sinon c'est de la posture, de la vanité. Or la distance de l'instant jusqu'à ce succès doit être mesurée continûment et décroître. N'y arrive-t-on pas qu'il faut revoir le dispositif. Est-ce la charte graphique en cause ? La ressource (reportages directs ou commentaires de l'actualité) ? L'équipe éditoriale ? C'est dans ce dernier cas que le bénévolat est mis en cause. Non que les billets gratuits soient moins bons que les piges rémunérées, mais il est bien plus difficile de critiquer un bénévole, voire de le virer, qu'un pigiste. La pige est un contrat d'audience concrétisé par son paiement. Non exécuté, il s'éteint de lui-même. Par contre les bénévoles sont difficiles à manœuvrer.

Il y aurait beaucoup à dire sur les sites d'information royaliste, mais d'abord bénévolat et dévouement sont leur carburant. Quand ils doivent être redressés ils sont difficilement redressables pour cette raison. Il est difficile de demander à un bénévole dévoué de laisser sa place pour insuffisance de talent ou de production. C'est pourquoi aucune grosse machine d'information numérique ne fonctionne sous ce régime, d'où le prix élevé du tour de table de lancement. Nous en avons déjà parlé sur ce blogue-ci. Or la propagande monarchiste n'aboutira pas tant que un ou deux gros médiats numériques initialement royalistes ne seront pas installés dans le paysage nouveau de l'information sur écran. Il n'y a aucune honte à copier ce qui marche. Mais dans cette imitation, il faut aussi les moyens idoines. On en revient toujours à ce fameux million de départ ! Payer les rédacteurs est rehausser l'exigence de gouvernance du patron. On passe du scoutisme à la presse !

Le million

Pourquoi afficher un million ?

Pour la beauté du chiffre rond. Et parce que des structures montées sur le même créneau avec deux à trois fois plus de budget périclitent. Bakchich.info a fondu les plombs, Le Post (Lagardère, Le Monde) perd un million par an, disent les jaloux.
Les structures financières et le modèle de production de sites à succès comme Rue89 (en accès libre avec pub) et Médiapart (en accès payant sans pub) sont à étudier de près :

Structure financière de Rue89 (source wikipedia et +)
Capital d'environ 4.000.000€ souscrit à 51% par les quatre fondateurs, 18% par les Amis de Rue89, 7,5% par la régie publicitaire du site, 10% par deux fonds spéculatifs audiovisuels, 6% par les Habitants de Rue89 (salariés), le solde par des particuliers investis dans les médias.

Structure financière de Mediapart (source wikipedia et +)
Capital d'environ 3.000.000€ souscrit à 40% par les fondateurs, 30% par des investisseurs et le solde par une Société des Amis de Médiapart (65 membres).
La structuration du contenu Mediapart, partagée entre la rédaction centrale et les blogues affiliés, est aussi très intéressante à étudier.

Peut-être que le montage des premiers budgets annuels exigera une somme plus forte ou plus faible. Mais cela ne change pas grand chose à ce qui suit : qui paie ?

Avertissement :
Le tour de table de départ et l'appel à contributions qu'il génèrera, ne pourront être lancés avant d'avoir établi un dossier complet de tous les tenants et aboutissants du projet avec une implication d'acteurs donnant confiance. Ceci fait, il est envisagé ici de partager le projet entre tous.


Le tour de table
Pour donner confiance aux investisseurs individuels qui seront appelés ensuite, le tour de table doit investir au moins la moitié des fonds nécessaires au projet. C'est la seule manière de vaincre le scepticisme des royalistes quant aux chances de succès d'aucune entreprise sortie de leurs rangs. Il est vrai qu'on la cherche encore.
Si nous partons sur un million d'euros, il faudrait par exemple cinq fondateurs à cent mille euros chacun. Est-ce si difficile de trouver pour un beau projet, un demi-million entre nos maisons ducales et princières ?

L'Appel à cotisation ou à l'actionnariat

Toujours dans l'hypothèse du million, il resterait cinq cent mille euros à souscrire !
Sachant que le dernier appel aux royalistes (enquête SYLM) a obtenu 1737 réponses, on peut tabler sur 2000 "actionnaires", ce qui mettrait la moyenne des parts à 250 euros.
Infaisable ! Mais on peut raisonnablement partir sur un billet de 20 euros par tête, ce qui apporterait 40.000€, peanuts, mais une belle contribution quand même.

Mais d'autres personnes peuvent s'agréger au projet par goût de l'aventure médiatique sans pour autant être des militants. Les sites people qui traitent les nouvelles des maisons princières et royales sont le fait de mordus. Quelques projets ont été évoqués dans le secteur médiatique par des acteurs du showbiz. Une fraction du capital peut être souscrite par des professionnels qui, bien sûr, sont à convaincre par un retour quelconque.

Il reste donc à intéresser des capitalistes par la notoriété des fondateurs et leur première mise de fonds. Le modèle "pure player"(1) étant en train de s'imposer en matière de rendement et plus-value dans beaucoup de secteurs économiques, un bon business plan a ses chances, peut-être mieux encore hors de France où le royalisme n'est pas connoté ringard comme ici.

Qui s'y colle ?
Je ne vois au moment qu'une structure royco capable de monter et d'éditer un business plan de cet ordre, c'est SYLM. Personnellement, je suis prêt à collaborer pour la confection du business plan.

Note (1): pure player désine une entreprise spécialisée sur un seul secteur économique et dans le cas d'entreprise de presse française, un statut d'éditeur de presse en ligne défini lors par la loi Création et Internet.
Fourni par Blogger.