Alain Texier est mort

Décédé le 24 septembre au soir après une opération du genou à l'hôpital général de Limoges dans son premier sommeil. Le responsable de la Charte de Fontevault a fait un communiqué officiel dont on prendra connaissance en cliquant ici.

Nous ne pouvons que marquer notre peine de voir partir un homme de convictions honorables faisant preuve à tout instant d'une empathie sincère avec tous ses interlocuteurs, même à distance. Bien qu'il se soit retiré du rempart après le décès de son frère aîné qui l'avait affecté beaucoup, il demeurait présent par le souvenir des rencontres qu'il sut réussir entre royalistes de toute obédience. Toutes nos condoléances à sa famille et ses amis.

Quoi de plus simple alors que de s'inspirer de la notice biographique des Editions de Chiré ?

Alain Texier, né le 17 décembre 1945, à Loudun, a fondé le jeudi 25 aout 1988, entre millénaire capétien et bi-centenaire de la révolution française, la Charte de Fontevrault en l'abbaye royale éponyme, mouvement royaliste providentialiste qui s'en remet à Dieu du choix de qui règnera sur la fille aînée de l'Eglise.
Dans son pacte de non-agression entre militants royalistes servant des princes différents, la Charte demande aux royalistes de s'en remettre à Dieu du point de savoir qui sera Son Lieutenant en terre de France et, pour préparer sa venue, de pardonner les offenses commises par ceux qui servent un autre prince que le leur.

Docteur en droit diplômé de sciences politiques, maître de conférence à la faculté de droit et sciences économiques de Limoges, "Laïc catholique" de la Confrérie Saint Loup de Limoges, il a collaboré aux Cahiers de Chiré et publié un certain nombre d'ouvrages, principalement sur le droit nobiliaire, l'héraldique, l'histoire de la noblesse française et sur la ville de Limoges. Son ouvrage le plus connu reste Qu'est-ce que la noblesse ? (Tallandier Paris 1988), considéré comme un manuel de référence en histoire nobiliaire et héraldique.
(la suite et souvenirs du rédacteur en cliquant ici).

La Charte de Fontevrault a atteint son pic d'influence dans les Biennales Blanches qu'elle a organisées à Paris en remportant le défi de réunir en un même lieu les différentes chapelles du royalisme français. Après une dernière édition malheureuse à Tours sur laquelle nous ne reviendrons pas, l'association a dérivé lentement vers un occultisme qui a fini par l'empoisonner. Pour faire simple : alors que les fondateurs savaient user des pouvoirs dialectiques de la Providence sans s'enferrer dans les "preuves" de son implication dans le projet royaliste de restauration, des esprits plus terre à terre l'ont prise au mot jusqu'à vouloir démontrer son implication programmée dans l'avenir de la cause en citant pour témoins des auteurs illuminés comme André Lesage ci-devant l'éternel marquis de la Franquerie, et des voyantes en cuisines obscures comme Marie-Julie Jahenny de la Fraudais et d'autres.

S'il n'est pas répréhensible de croire dans les visions d'autrui - ça ne mange pas de pain - il est certainement contre-productif de refonder publiquement une démarche œcuménique sur un terreau nécromancien qui ne peut largement convaincre. La Providence devait rester une invocation et un slogan, pas une équation mystique d'application. Les effectifs étiques de la Charte de Fontevrault dispensent d'en dire plus.

Alain Texier était d'un abord facile, un esprit ouvert bien que fait de convictions sûres. Son extraversion naturelle joua beaucoup dans le développement et la réputation de la Charte qu'il avait créée. Souhaitons à ses successeurs dans l'association de savoir revenir au schéma fondateur qui eut son succès, en oubliant les "mystères" de la Providence qui, hélas, le resteront.

Alain Texier a sa page dans Wikimonde où tout le monde va puiser : plus.wikimonde.com/wiki/Alain_Texier

RIP

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